Entretien avec Arnaud de Sainte Marie

Arnaud de Sainte Marie est conseiller communautaire, maire-adjoint aux Affaires culturelles à la ville de Beauvais. 

Beauvais is culture : Arnaud de Sainte Marie, vous êtes natif de Beauvais. Qu'est-ce qui caractérise, pour vous, la vie culturelle de cette ville ? Pourquoi vous êtes-vous engagé ?

Arnaud de Sainte Marie : La vie culturelle d'une ville moyenne comme Beauvais se caractérise par la diversité offerte aux habitants. Que l'on soit jeune ou plus âgé, classique ou contemporain, simple spectateur ou acteur pratiquant, la ville offre une multitude de ressources à chacun.

Mon engagement ne date pas de l'élection, personnellement puis au travers du monde associatif, j'ai toujours essayé de réfléchir et d’œuvrer pour améliorer l'accès à l'art. Caroline Cayeux m'a donné l'opportunité de poursuivre cet engagement à un autre niveau.

 

Beauvais is Culture : Quel est le fondement de la politique culturelle beauvaisienne ?

Arnaud de Sainte Marie : Beauvais est la ville-ressource du Grand Beauvaisis. A ce titre, elle doit permettre de déployer un savoir-faire et un dynamisme propre à satisfaire un grand territoire. 

Le fondement de toute politique culturelle, selon moi, est de trouver un point d'équilibre entre l'accès culturel et sa pratique, entre attentes et découvertes. L'équilibre doit également être recherché en matière de propositions artistiques, selon les arts : arts plastiques, danse, musique, cirque, cinéma, théâtre, musiques actuelles, selon les tendances : traditionnelles, contemporaines. Un équilibre que nous devons ajuster entre coûts et tarifs pratiqués.

Une politique tarifaire rénovée puisque désormais le réseau des médiathèques est gratuit, puisque les expositions à la Galerie nationale ou encore les festivals : Malices & Merveilles, Scènes d'été et spectacle Skertzò sur la façade de la cathédrale sont en accès libre. En ce qui concerne les événements payants, les tarifs sont adaptés selon les revenus, je pense en particulier à Pianoscope ainsi qu'au Théâtre du Beauvaisis. Aucun spectacle ne dépasse 23 euros la place. 

 

Beauvais is Culture : Quel engagement pour les lieux de diffusion culturels ?

Arnaud de Sainte Marie : Les politiques publiques doivent s'engager pour offrir des lieux de diffusion adaptés. Adaptés au public pour une réception optimale, adaptés également vis-à-vis des artistes afin de leur permettre une visibilité et un échange dans les meilleures conditions possibles.

C'est dans cet esprit que nous avons décidé de reconstruire le Théâtre du Beauvaisis, de le doter d'une salle principale d'envergure de 670 places mais aussi d'une seconde salle plus petite, de 250 places, destinée à la création et aux spectacles plus intimes. 

Grâce à l'achat de la Galerie nationale de la Tapisserie, le Beauvaisis renforce son offre en matière d'arts visuels et plastiques en disposant d'un espace de diffusion et d'échange de tout premier ordre. 

Sans oublier les autres lieux dédiés à la création et à la diffusion, la salle Jacques Brel à Saint-Jean, l'Asca à Argentine, le Plateau à Notre-Dame-du-Thil ainsi que l'auditorium Rostropovitch et la scène en plein air dans la cour de la musique en centre-ville.

 

Beauvais is Culture : les collectivités sont confrontées à des contraintes budgétaires importantes, faut-il avoir peur pour la culture ?

Arnaud de Sainte Marie : Caroline Cayeux s'est toujours engagée fortement pour la culture. Grâce à cela, l'accès à la culture s'est développé : Maladrerie Saint-Lazare, Galerie nationale de la Tapisserie, Réseau des médiathèques et demain le futur théâtre...

Le dynamisme du Beauvaisis a de ce fait évolué : dynamique au travers des arts plastiques via l'École d'Art ou l'Asca, dynamique musicale via le Conservatoire à rayonnement départemental, le festival de violoncelle, le Blues Autour du Zinc ou encore Pianoscope, dynamique autour du spectacle vivant avec la Batoude, devenue Scène Intermédiaire Régionale, au travers des compagnies isariennes soutenues comme la compagnie de La Yole, le théâtre de l'Orage, la Balayette à ciel... travaillant encore et toujours pour que notre Théâtre du Beauvaisis soit enfin reconnu comme Scène nationale. 

Bien sûr, le contexte nous oblige à nous réinterroger, à repenser notre politique locale. La politique culturelle ne fait pas exception. Cependant, j'ai toujours pensé que la matière même qu'est la culture, évolutive par essence, mouvante, changeante, nécessitait de constamment se réinterroger sur la justesse des politiques culturelles menées. Les contraintes financières, bien que très fortes, sont simplement plus difficiles aujourd'hui.

 

Beauvais is Culture : la culture apporte du lien social, qu'est-ce que vous faites pour améliorer le vivre ensemble ? 

Arnaud de Sainte Marie : La culture par nature provoque et crée de l'échange. Elle est évidemment un axe privilégié en ce qui concerne le vivre ensemble. Cependant, j'aime à rappeler qu'elle n'est qu'un moyen, un outil complémentaire à d'autres dynamiques tels l'école ou le sport pour que chaque individu vive, connaisse et échange avec l'autre. 

La politique culturelle que nous menons s'inscrit dans cette volonté. En milieu scolaire, avec les Contrats Locaux d'Éducation Artistique et avec une véritable politique d'accueil des élèves au sein des médiathèques, de la Galerie nationale de la Tapisserie, de l'École d'Art ou du Théâtre du Beauvaisis... en dehors de l'école, en accueils de loisirs, dans les Cit'ado, dans les associations.

Les festivals ou de grands événements comme Malices et merveilles, les Scènes d’été, la fête de la musique… sont aussi des moments privilégiés.

Un dynamisme et une volonté d'échanges se développent partout et tout le temps, dans chaque quartier et pour chacun, peu importe son âge ou sa condition. 

La culture, nous le voyons pendant les heures sombres, est ce qui nous réunit. Elle est et doit rester le pilier essentiel de notre souhait de vivre ensemble.

 

 

 


Rédigé le 15 décembre 2016
Beauvais is culture

Beauvais is Culture

Direction des affaires culturelles