Les statues meurent aussi

STEFAN RINCK - Les statues meurent aussi

Exposition du 12 juin au 30 septembre 2017 - entrée libre

Cette exposition est produite et réalisée dans le cadre de la programmation du Quadrilatère hors-les-murs, en coproduction avec la galerie Semiose et la galerie Sorry We’re Closed, en collaboration avec le Lycée d’Acheuléen à Amiens et les formations de CAP tailleur de pierre et Bac Pro métiers et arts de la pierre, avec la participation de l’École d’Art du Beauvaisis et du Théâtre du Beauvaisis. Le Quadrilatère bénéficie du soutien de la Direction régionale des affaires culturelles des Hauts-de-France dans le cadre de cette exposition.

 

Le titre de cette exposition est emprunté au documentaire éponyme réalisé par Chris Marker et Alain Resnais et sorti en 1953. Il fut commandité par la revue Présence africaine patronnée par Alioune Diop et animée notamment par des intellectuels comme Aimé Césaire, Price Mars, Léopold Sédar Senghor, Richard Wright ou Jean-Paul Sartre. L’ambition était d’offrir à la palabre africaine un espace de discussion où se rencontrent les figures les plus marquantes du monde africain de l’après-guerre.

L’exposition Les statues meurent aussi convoque chacun à regarder le travail de Stefan Rinck comme celui d’un sculpteur, d’un artisan et de prendre conscience du matériau, du geste – celui qui amène à une nouvelle sensibilité, à partager « l’attitude de l’artiste » et le processus de création.

« C’est que le peuple des statues est mortel. Un jour, nos visages de pierre se décomposent à leur tour. Une civilisation laisse derrière elle ses traces mutilées, comme les cailloux du Petit Poucet mais l’histoire a tout mangé. Un objet est mort quand le regard vivant qui s’est posé sur lui a disparu et quand nous aurons disparu, nos objets iront là où nous envoyons ceux des artistes : au musée ».

L’exposition Les statues meurent aussi s’organise sous le signe d’une unité perdue où l’art est le garant d’un accord entre l’homme et le monde. Trois statues monumentales en pierre de Lecce nous accueillent et nous guident. Pour comprendre les enjeux de cette exposition, il faut remonter aux origines de la Maladrerie. Au Moyen Âge, cet ensemble architectural était une léproserie. À cette époque, les lépreux, exclus, isolés du monde, étaient déclarés morts pour la société. Leur seul salut était alors d’être admis dans une maladrerie. Derrière ses hauts murs, c’est l’histoire hospitalière méconnue des XIIe et XIIIe siècles qui se raconte où la lèpre était considérée comme la marque du Mal.

Si le travail de Stefan Rinck résonne aujourd’hui à la Maladrerie dans un geste humble,  il  concourt également à réveiller l’ensemble d’un monde en sommeil. « Gardiens de tombeaux, sentinelles des morts ; chiens de garde de l’invisible », ces statues d’ancêtres forment-elles un cimetière ? Nous mettons des pierres sur nos morts pour les empêcher de sortir. L’artiste les conserve près de lui pour les honorer et profiter de leur puissance dans un panier rempli de leurs ossements. « C’est des morts que procèdent toute sagesse et toute sécurité ; ils sont les racines du vivant. Et leur visage éternel prend parfois forme de racines ».

À la Maladrerie, ces racines fleurissent. Les sculptures de Stefan Rinck, d’une beauté involontaire, empruntent au règne animal des attributs formels et nous émeuvent, à condition de bien savoir que ces images nous ignorent, qu’elles sont d’un autre monde. Nous pourrions y voir de la souffrance, de la sérénité, de l’humour mais nous n’en savons rien.

« Colonisateurs du monde, nous voulons que tout nous parle : les bêtes, les morts, les statues » ; et bien les statues de Stefan Rinck sont muettes. Elles ont des bouches et ne parlent pas ; elles ont des yeux et ne nous voient pas. « Ce ne sont pas des idoles, plutôt des jouets ; des jouets sérieux mais qui ne valent que parce qu’ils représentent. Il y entre moins d’idolâtrie que dans nos éternelles statues de saints. Personne n’adore ces poupées sévères ». Les statues de Stefan Rinck ne sont pas le dieu, elles sont la prière. Prières de l’artiste ouvert au monde, aux corps, aux femmes et à la jouissance, les statues de l’artiste sont brutes et liées à la terre par la forme et par la matière.

Commissaire de l’exposition : Tiphanie Dragaut-Lupescu, responsable du Quadrilatère

Note : les citations en italique sont des extraits du film Les statues meurent aussi, écrit et réalisé par Chris Marker et Alain Resnais, 1953.

Plus d’informations :
De juin à juillet, Stefan Rinck et son équipe de collaborateurs installent leur atelier à ciel ouvert à la Maladrerie et sculptent trois statues de grande taille. À travers une litanie de burineurs, de gestes précis, le processus de création est ouvert et accessible à tous et permet de découvrir et d’accompagner la procession à l’oeuvre. Puis l’exposition continue d’août à septembre en permettant aux œuvres de prendre possession des lieux, de faire corps avec la Maladrerie et d’en devenir des éléments fondateurs.

Stefan Rinck (né en 1973 à Hambourg) est un sculpteur qui travaille la pierre et plus fréquemment le grès. L'artiste devine, dit-il, les formes cachées dans la matière  qu'il découvre sous les coups de ses instruments. Ces formes prennent l'apparence d'un abondant bestiaire composé de petits monstres et autres animaux démoniques. Ces figures animales semblent venir d'un autre univers ou d'une autre époque, peut-être celle où l'on croyait encore fermement à l'enfer. Stefan Rinck élabore un monde fantastique où se mêlent croyance et fantasme et où la pierre se façonne entre le totem et l'idole. L'artiste souhaite délivrer les gargouilles, ces figurines condamnées à recracher l'eau des bâtisses gothiques pour leur donner une autre vie. Lorsqu'elles sont exposées en groupe, les sculptures ressemblent aux pièces d'un échiquier et Rinck s'amuse à les arranger comme il le faisait avec ses figurines d'enfant. Cette troupe de personnages folkloriques est finalement impossible à dater et nous entraîne avec folie dans son imaginaire baroque.
www.semiose.fr

Focus sur Stefan Rinck, cliquez ici

Le lycée d’Acheuléen est un espace de formation professionnelle à Amiens. Le lycée accueille 700 apprenants (lycéens, apprentis, stagiaires de la formation continue, salariés). Le lycée propose aujourd’hui 10 CAP, 8 Bac Pro, 2 mentions complémentaires, dans les domaines du bâtiment où il couvre l’ensemble des diplômes des niveaux IV et V et de la coiffure. Lycée des métiers, il offre la possibilité de faire les formations sous l’ensemble des statuts : scolaire, apprentissage, salarié, stagiaire de la formation professionnelle.
www.lyceeacheuleen.fr

Le Quadrilatère - Initialement propriété de l’État et administrée par le Mobilier national, la Galerie nationale de la tapisserie est reprise en 2013 par la Ville de Beauvais. En 2016, elle devient « Le Quadrilatère ». La programmation s’étend aujourd’hui à l’ensemble des disciplines artistiques, tout en valorisant les liens entre patrimoine et création contemporaine. Le Quadrilatère conduit une dynamique politique d’expositions temporaires en résonance avec l’évolution des pratiques artistiques et en relation avec d’autres institutions culturelles comme les FRAC par exemple.  Les expositions font souvent appel à des prêts de musées d’art français ou étrangers ainsi qu’aux collectionneurs privés. Le programme se déploie à travers la mise en relation d’œuvres d’art de toutes les disciplines artistiques, de croisement des pratiques et des recherches de designers, de plasticiens, de performeurs ou d’artisans qui dialoguent avec l’architecture du lieu. Toute l’équipe du Quadrilatère met son imagination au service des publics en proposant des actions innovantes pour rendre accessible au plus grand nombre la découverte des arts et du patrimoine. La médiation est pensée dans une approche conviviale et favorise une expérience sensible ouverte à tous dans un nouveau lieu de vie et de création.

L’équipe du Quadrilatère remercie chaleureusement : Yannick Castagna, Mahot Hemerick, Marechal Flavien, Darreau Tristan pour leur travail et leur accompagnement, ainsi que Didier Cardon, Proviseur du Lycée d’Acheuléen, Héloïse Santerre, enseignant en taille de pierre. Tiphanie Dragaut-Lupescu remercie Benoît Porcher, Directeur de la galerie Semiose, Sébastien Janssen, directeur de la galerie Sorry We’re Closed, Xavier Crocci, Directeur du Théâtre du Beauvaisis et Stefan Rinck, ainsi que Clotilde Boitel, Directrice de l’École d’art du Beauvaisis, Fabien Savary et Éloïse Le Gallo enseignants à l’EAB et tous les participants à l’atelier sculpture-taille de pierre.

Informations pratiques
MALADRERIE SAINT LAZARE
203 rue de Paris
60000 Beauvais
maladrerie.fr

Entrée libre

Contact presse et médiation :
contact-quadri@beauvais.fr

Horaire d’ouverture
Du 1er avril au 30 septembre, du mardi au dimanche et les jours fériés de 11h à 18h

Renseignements :
03 44 15 67 62

LE QUADRILATÈRE
22 rue Saint-Pierre
60000 Beauvais
03 44 15 67 00
culture.beauvais.fr

Entrée libre

Horaire d’ouverture
mardi à vendredi 12h - 18h
samedi et dimanche 10h - 18h

Le Quadrilatère est un équipement culturel de la ville de Beauvais.


Rédigé le 10 juillet 2017

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Maladrerie Saint-Lazare - 203 rue de Paris
60000
Beauvais
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