Bien utiliser le flash

Le flash a été inventé pour pallier l’insuffisance de lumière. Il permet bien évidemment de faire des images quand la lumière est insuffisante mais tout le monde a déjà pu constater de bien piètres résultats lorsqu’il est utilisé tel quel, sans discernement : lumière plate et dure, ombres portées en franges ou effet « fromage blanc » c’est-à-dire premier plan surexposé et fond sous-exposé, sans parler des yeux rouges, par ailleurs corrigés de la plus mauvaise manière qui soit : envoi d’un pré-éclair qui certes ferme la pupille mais est désagréable pour le modèle.

Un exemple : deux images de la même fleur vous sont proposées en bandeau : à gauche, l’image réalisée à l’aide du flash sur le sabot de l’appareil, à droite, le flash déporté en haut et à gauche et muni d’un diffuseur de 20 cm de diamètre. Cela change totalement le modelé de l’image. On peut réaliser cela à l’aide d’un câble spécifique ou par une télécommande pour les flashes qui en sont munis.

Quelles en sont les raisons ? Le flash souffre de trois inconvénients principaux :

1) C’est une source ponctuelle c’est-à-dire de taille relative toujours petite par rapport au sujet. Ce qui produit toujours une lumière dure.

2) Il est souvent placé trop près de l’axe optique (évident sur les compacts où on le trouve généralement 2 cm à gauche de l’objectif mais aussi pour les cobras (1) quand on les place sur la griffe de l’appareil, ce qui met le luminaire à peine 10 cm au-dessus de l’axe optique et même pas décalé sur le côté).

3) Il produit une lumière unidirectionnelle provoquant un trop fort contraste entre les parties éclairées et les parties à l’ombre, en outre, il surexpose le premier plan et sous-expose l’arrière-plan car la quantité de lumière diminue vite avec la distance.

Quelles sont les solutions ? La source est trop petite ? Il suffit de l’agrandir par réflexion ou par diffusion. La source est trop dans l’axe de la prise de vue ? Il faut la décaler. La source est trop directionnelle ? Il faut la dévier ou en mettre plusieurs.

Une première solution qui améliore les trois aspects du problème est de diriger le flash vers le plafond (à condition qu’il soit blanc et pas trop haut). Le plafond des pièces ordinaires se prête très bien à l’exercice. On est gagnant sur tous les plans : le flash n’est plus la source de lumière qui éclaire la scène mais c’est la tache de lumière qu’il crée au plafond qui joue ce rôle. Elle est bien plus grande que le flash et donc plus douce. Elle n’est plus dans l’axe optique et les inconvénients tels que yeux rouges, ombres portées, éclairage plat disparaissent. On a à peu près l’équivalent de l’éclairage d’un lustre. Enfin et ce n’est pas l’aspect le moins intéressant, la lumière qui repart du plafond est multidirectionnelle et se répartit de bien meilleure manière dans tous les plans. Le premier plan n’est plus grillé, l’arrière-plan récupère assez de lumière. Cette solution par ailleurs totalement gratuite est à utiliser sans modération dès que les conditions le permettent. Son seul inconvénient est de consommer pas mal de lumière et donc d’énergie. Si le plafond atteint 4 m, il faudra un flash vraiment puissant, sous les voûtes d’une cathédrale, oubliez.

Cette solution n’est pas applicable avec les flashes incorporés aux appareils qui sont fixés en place et ne peuvent s’orienter. Il est important que ce flash incorporé soit réglable en puissance pour permettre de mélanger sa lumière avec la lumière ambiante. Une fonction manuelle est assez rare sur ce genre de flash, toutefois, cela existe quand même mais le correcteur + - qu’on peut activer sans quitter le mode auto convient très bien. Il existe dans le commerce tout une gamme de diffuseurs à mettre devant ces flashes mais on peut aussi en bricoler soi-même avec du calque ou de la mousse de polyuréthane de faible épaisseur : à attacher avec des élastiques ou du « gaffer » (un ruban adhésif repositionnable qui n’abîme pas la peinture du boîtier). Enfin, sur certains reflex, à partir d’un certain niveau de gamme, ce petit flash dispose d’un mode « contrôleur » qui lui permet, sans envoyer directement un éclair trop important de télécommander de 1 à 5 flashes sans fil : on entre là dans une véritable démarche de studio et d’éclairage créatif.

Il existe deux manières de diffuser la lumière : par réflexion sur un écran ou par transmission à travers un matériau translucide. Le commerce offre des solutions de toute taille et de prix très variables : par réflexion : le parapluie, l’écran diffuseur… leur surface pourra être blanc mat, satinée, argentée ou même dorée (dans ce dernier cas, il y a modification de la tonalité). Par transmission : le parapluie translucide, la boîte à lumière, le ballon diffuseur…

Toutes ces solutions sont intéressantes mais peuvent avoir un coût non négligeable. Le bricolage peut venir à bout de toutes les situations d’éclairage avec des résultats égaux à ceux du matériel commercial. Ce n’est qu’au niveau de la transportabilité et de la mise en œuvre qu’on sera un peu moins à l’aise.

Diffusion : plaque de carton blanc, de polystyrène, tissu translucide tendu sur un cadre, toutes ces choses sont très simples à fabriquer. La taille de ces éléments devra être adaptée au sujet.

Transmission : un peu plus difficile : fabriquer une boîte en forme de tronc de pyramide avec du petit côté un trou pour rentrer la tête du flash bien calée et du grand côté (20 x 30 cm environ au minimum) tendre une toile translucide. En le faisant avec un élastique, cela permet d’utiliser plusieurs toiles de texture différentes selon les sujets. Plus la taille de la boîte sera grande, plus l’effet de diffusion sera important mais si elle est trop encombrante, elle ne pourra pas être tenue seulement par le flash et devra posséder son propre support.

Les possibilités d’orienter et de déporter de l’axe optique sont à considérer lors de l’achat du flash : pas possible de rendre orientable un flash qui ne l’est pas. Pour être télécommandable avec ou sans fil, le flash doit être prévu pour. Les bricolages électroniques qui permettaient de télécommander des flashes manuels ne sont plus utilisables avec les flashes d’aujourd’hui sauf à en perdre tous les automatismes.

(texte rédigé par Daniel Destailleur, président du Photo-Club Beauvaisien)                                                                                                                                          

  1. Le nom cobra est donné à un type de flash électronique dont la forme rappelle celle de la tête de ce serpent : elle est articulée sur les axes horizontal et vertical. (on parle de flash torche quand il surmonte une colonne contenant les piles, de flash compact lorsqu’il n’est pas articulé, de flash annulaire lorsqu’il est autour de l’objectif). Le type « cobra » est le plus courant et polyvalent.

Rédigé le 21 août 2018
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