Focus : Rendez-vous dansé

Le temps d’une visite « active », votre corps et les monuments qui dialoguent avec le Quadrilatère entrent en mouvement. Comme vous, les architectures vivent. Au fil du parcours, la tension se crée et votre corps évolue en rythme avec les monuments, vous révélant ainsi tous leurs secrets. Découvrez comment la cathédrale danse, enserrée dans son corset de tirants métalliques, comment le bois de la maison du XVe siècle craque ou encore comment son torchis respire… Chaque visite est unique.

Cette visite est réalisée par la compagnie Lagartija sur une idée de Roberto Vidal, artiste et chorégraphe associé au Quadrilatère et Patricia Feugey, historienne de l’art et guide-conférencière.

Sur réservation : patrimoine@beauvais.fr
Les dates : 15.04, 10.06 et 8.07 à 15h

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Quelle est la différence entre une visite « classique » et un rendez-vous dansé ?

            Roberto. Que le public se rende de lui-même dans un musée est déjà une très bonne initiative car sans public, l’art existerait-il  ? La visite est déjà moins conventionnelle lorsque le visiteur sollicite un guide-conférencier, ce qui témoigne d’une certaine avidité de connaissances. Les « rendez-vous dansés» s’inscrivent dans une toute autre dynamique : ils sont une invitation à découvrir ou redécouvrir une exposition, un musée, un artiste, un courant artistique ou un monument en privilégiant l'expérience sensible et cognitive avec son corps. Une œuvre révèle des points sensibles et parfois les mots nous manquent pour expliquer pourquoi telle œuvre, tel artiste nous touche à un moment déterminé plus que d’autres. Là se trouve toute la force archaïque de la danse. La danse est un moyen de ressentir avec le corps ce qu’une œuvre interpelle en nous.

            Patricia. Il n’y a pas de visite-conférence « classique », chaque groupe, chaque public est différent et la mission du guide-conférencier est de s’adapter à son public, de l’analyser et de sentir aussi les raisons de sa présence. Pour les « rendez-vous dansés » proposés cette année, l’idée est de montrer que l’architecture évolue dans le temps et l’espace tout comme nous, les humains ! Lors des « rendez-vous dansés », le public est amené à être acteur, à bouger alors que dans la visite ThéOfil, proposée pour l'exposition Muralnomad le public est plus spectateur.

Lors de la conception de cette proposition, qu’avez-vous souhaité mettre en avant dans la transmission au public ? 

            Patricia.  Cette visite s’appuie essentiellement sur le patrimoine bâti, sur l’architecture (cathédrale, maison du XVe siècle, muraille gallo-romaine, Quadrilatère, abbatiale St Barthélémy…). D’une part, nous souhaitons aborder certaines notions : respect du patrimoine, de l’art, de l’autre, en stimulant la curiosité du public. D’autre part, nous amenons les visiteurs à dépasser les visions stéréotypées sur la beauté dans l’art en fonction de la renommée de tel artiste,  tel architecte ou tel lieu. Chacun doit recevoir des informations à la fois artistiques et historiques afin de parvenir à se forger un jugement personnel et exprimer son ressenti. Mes propos visent à ouvrir le regard de chacun  pour l’emmener plus loin dans sa perception esthétique ou ses interrogations.

            Roberto. J’axe ma  démarche artistique sur trois piliers indissociables : la création, la sensibilisation et la transmission. Le premier mot qui me vient à l’esprit est « partager ».  Il s’agit d’amener la pensée ailleurs. L’archétype de la danseuse sur pointes perdure dans l’imaginaire collectif quand nous parlons de danse, or bien qu’éphémère mais toujours vivant, l’art du mouvement évolue et son histoire ne cesse de s’écrire. Dans mes interventions j’utilise la danse, le patrimoine, l’art, comme des métaphores pour introduire des valeurs qui me tiennent à cœur telles que le respect et la tolérance.

Patricia, qu’apporte un chorégraphe/danseur comme Roberto dans la visite ?

            Travailler à deux apporte une plus grande impulsion et diversifie les approches. Nous sommes complémentaires. Roberto a une facilité pour transporter le public au-delà des notions d’histoire de l’art que j’amène, il conduit chacun à s’interroger, éventuellement à se repositionner par rapport à ses repères. C’est intéressant de déstabiliser les certitudes.

Roberto, qu’est-ce que Patricia introduit dans votre médiation ? 

            Patricia apporte un support historique et didactique qui contextualise notre visite et permet de faire dialoguer passé et présent,  patrimoine et création contemporaine.

Des œuvres vous paraissent-elles incontournables dans votre proposition ? 

            Toute œuvre, tout monument a son propre intérêt. Nous essayons d’appréhender la globalité d’une exposition ou d’un monument, pour mieux adapter nos interventions aux différents publics que nous rencontrons. Dans le cadre de nos visites sur le patrimoine, nous considérons que l’urbanisme de la ville constitue un tout, il témoigne de l’histoire, il nous parle du temps présent.

Le Quadrilatère offre un espace d’exposition particulier par sa forme et sa taille, vous donne-t-il des possibilités que vous n’auriez pas ailleurs ?

            Chaque espace est intéressant à investir, nous adaptons nos propositions en fonction de chaque lieu. L’architecture de ce lieu offre effectivement de beaux espaces qui permettent de respirer, de se sentir libre. Ses salles autorisent tant les expositions d’art contemporain que d’art ancien : le lieu a été conçu en tant que Galerie nationale de la tapisserie, ses cimaises sont donc conséquentes. Par ailleurs ses grandes baies créent une connexion entre l’intérieur et l’extérieur, les fenêtres constituent en quelque sorte des murs transparents. N’oublions pas que l’architecture est un art vivant !

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Le Quadrilatère - 22 rue Saint-Pierre - 60000 Beauvais

Entrée libre
Du mardi au vendredi, 12h-18h
Samedi et dimanche, 10h-18h

 


Rédigé le 5 juin 2018
Le Quadrilatère

Le Quadrilatère

LE QUADRILATÈRE
22 rue Saint-Pierre 60000 Beauvais
03.44.15.67.00
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