Morgan Courtois : artiste en résidence

L’Ecole d’Art du Beauvaisis accueille, de janvier à avril, Morgan Courtois, un ancien étudiant de la classe préparatoire qui, en ce début d’année, partagera son temps entre la Rijksakademie d’Amsterdam et sa résidence à Beauvais.

Fraîchement récompensé du Prix Meurice pour l’art contemporain pour son projet artistico-olfactif, amené à donner naissance à une première fragrance intitulée « Fond de sac », en 2018, Morgan Courtois poursuivra sa réflexion autour des flacons et sculptures odorantes lors de sa résidence dans l’Oise. 

Rencontre avec l’artiste : 

- Quelle est votre histoire avec la céramique ?

J'ai réalisé ma première céramique à l'Ecole d'Art du Beauvaisis lorsque j'étais étudiant en classe préparatoire. C'est un médium que j'ai ensuite redécouvert en 2010 en suivant un workshop avec Sylvie Auvray à l'ENSBA de Lyon. Le travail de la terre s'est ensuite infusé dans ma pratique à un moment où j'ai commencé à étudier la botanique et où je souhaitais renouer avec des formes organiques et figuratives. La terre et le plâtre sont aujourd'hui mes matériaux de prédilection. 

- Comment s'est formé le projet que vous souhaitez développer à l’EAB ?

Bien que je travaille la terre pour élaborer des formes que je réalise ensuite en plâtre d'après la technique dite de la terre perdue, j'ai rarement eu l'occasion de travailler la céramique. Acheminer les pièces non cuites jusqu'à des fours à Paris s’avère souvent être une procession désagréable. J'ai de ce fait, depuis plusieurs années, fantasmé un projet dont l'utilisation des matériaux bruts liés au travail d’émaillage serait le cœur. Je suis fasciné par certains matériaux qui rentrent dans la composition des émaux tels que le baryum ou le lithium utilisé dans les batteries mais aussi pour le traitement des troubles du comportement. C'est aussi en menant des recherches sur l'alchimie que mon intérêt pour les émaux s'est développé. Comprendre la provenance des matériaux, leurs utilisations quotidiennes et leurs effets esthétiques font partie des recherches que j'aimerais conduire. 

Ma fascination malsaine pour les résines pétrochimiques est aussi liée à la manipulation de ces matériaux industriels issus des couches inférieures de la croûte terrestre. 

Pour être plus concret et formel, le projet s'est constitué autour de mon travail photographique. Depuis 2016, j'ai réalisé un index d'objets de ma collection qui comprend principalement des récipients, des éléments glanés périssables (bouquets, fruits, légumes). J'ai dernièrement récolté des betteraves à sucre monstrueuses dans le nord de la France qui vont me servir de base de travail. 

- Quelques dates clefs dans votre parcours ?

Je suis né à Abbeville en 1988. Après le lycée, j’ai suivi une année préparatoire à l’Ecole d'Art du Beauvaisis puis deux années aux Beaux-Arts de Valenciennes. J’ai obtenu mon DNAP et DNSEP à l'ENSBA de Lyon ainsi que le Prix de Paris qui m’a permis de m'y installer en 2013. Arrivé à Paris j'ai eu la chance de participer à plusieurs expositions, telles que Faire des fleurs chez Florence Loewy en 2014,  Heartbreak Hotel, à l'HFBK de Hambourg, Les trépignements du Fakir au Centre d’art contemporain du Parc Saint-Léger à Pougues-les-Eaux en 2015, Palabres chez Florence Loewy, The great Depression à la Galerie Balice Hertling à Paris en 2016 - année lors de laquelle j'ai également mené mon premier solo show dans la galerie Balice Hertling. En 2017, je participe à Format A2, à la Vitrine du Plateau FRAC Île-de-France, à Rien ne nous appartient. Offrir, à la Fondation Ricard et à Médusa, bijoux et tabous  au Musée d'art Moderne de la ville de Paris. 

J'obtiens cette même année le Prix Meurice pour l'art contemporain et je vais intégrer la Rijksakademie à Amsterdam en 2018. 

- Comment imaginez-vous la restitution/l'exposition? Avez-vous déjà quelques envies/pistes d'exploration?

La salle basse de l’auditorium Rostropovitch est assez particulière et m’enthousiasme beaucoup. Le fait que cet espace soit brut et sombre m’intéresse dans le sens où je souhaiterais que les céramiques évoluent en fonction de la lumière naturelle et que par contraste avec la pierre, elles tranchent l'espace, le compartimentent en zones d'intensité. Le projet que j'évoquais plus haut est également lié à la conception de parfums que je réalise actuellement et qui fera aussi sûrement partie de l'installation finale. Principalement lié aux saisons et aux récoltes, ce projet fait suite à une série de sculptures initiée en 2012 que j'intitule Still life.

Il s'agira d'une prolongation de cette série : tous les éléments hétéroclites que j'évoquais seront traduits en terre, modelés, dilués, adoucis ou exacerbés. 

 

Morgan Courtois est en résidence du 8 janvier au 14 avril au sein des ateliers volume de l'EAB. Son exposition sera présentée à la salle basse de l’auditorium Rostropovitch, du 28 septembre au 22 décembre et inaugurée le 28 septembre.

 

Crédit photo : Morgan Courtois, 2017


Rédigé le 9 janvier 2018
École d'Art du Beauvaisis

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