Portraits intimes

 

Nous garderons mémoire

Portraits intimes

Avec les oeuvres de Patrice Roger, Sausen Mustafova, Sylviane Blondeau, Patrice Masson, Eve Grozinger, Nadège Gaubour, Marie-Blanche Bertincourt

 

 

Patrice Roger

Autour des portraits de Fayoum

Estampes pigmentaires

La résonance du plus lointain passé basculant dans le présent et l’extraordinaire simplicité selon laquelle cette distance se résorbe - c'est aussi cela que les portraits nous donnent.

Par eux nous avons accès à une image du devenir historique qui fait taire le halètement bruyant du progrès et rend caduque toute conception épique de l'histoire de l'art .

Beaucoup plus simplement, nous éprouvons en face d'eux le sentiment d'une descendance et d'une filiation : non une vague fraternité transhistorique, encore moins la promiscuité d’un universel se profilant à grands coups de valeur et leur donnant droit à figurer dans l'un des couloirs du « musée imaginaire» de l'Occident mais la certitude, presque tactile, d'une différence et de sa miraculeuse préservation mais la certitude aussi qu'à la frontière, dans le toucher de la vie et de la mort, par-delà conduites et croyances, ces anciens ne tinrent au fond aucun discours et que c'est sans phrases et avec le seul appui de leurs yeux qu'ils s'effacèrent, nous laissant de leur passage la trace la plus humble mais la plus émouvante.

Bailly in L’apostrophe muette  Essai sur les portraits de Fayoum 

 

Sausen Mustafova

Les Messagers

Ce sont des silhouettes, des ombres, des esprits venus d'ailleurs, des profondeurs de la terre, de l'obscurité des forêts. Ils sont porteurs d'un message à déchiffrer, à deviner, à réinventer, à créer. 

Ils sont la métaphore de notre propre quête de nous-mêmes. 

 

Sylviane Blondeau

Sylviane Blondeau, en peinture et en dessin, interroge les corps dans leurs mouvements les plus simples parfois ou dans leur apparente immobilité, à travers l’observation régulière des danseurs, en dialogue avec l’air et l’étude approfondie du modèle vivant.

Ainsi apparaissent-ils donc, souvent solitaires, comme en attente, envahissant l’espace, débordant les contours de la toile, quelque part entre abstraction et figuration.

Ses recherches actuelles reposent cependant davantage sur la mémoire du geste. Entre laisser-aller et contrôle, reprise après reprise, elle laisse venir la forme.

Les lignes et les couleurs s’allient, faisant trace.

Reprendre n’étant pas répéter, de ces mouvements où le corps est à l’oeuvre, travaillant ce qui n’est pas advenu encore, émerge et s’élabore une forme nouvelle.

C’est cependant du corps dont il est toujours question ici.

 

Eve Grozinger

Le Fil

Déclinaison de la filiation paternelle

Photographies incrustées sur papier artisanal, pigments, fil

Une vieille fenêtre à mettre au rebut et qui ouvre sur un ailleurs… le passé interroge le présent.

La fenêtre est transparente mais elle devient miroir où il devient possible de se mirer, portrait de soi, portrait des miens, portrait des autres.

Une fenêtre à petits carreaux est un empêchement, une interdiction de voir l’entière réalité.

Une réalité recomposée.

C’est une invitation à construire l’arbre généalogique familial.

C’est aussi le fil de mon grand-père tailleur et de mon père le couturier qui tissent la filiation. La trame est complexe, comme le sont les relations entre les êtres.

Les pieds qui tiennent la fenêtre debout, lui donne une assise titubante. Les photographies tenues par ce fil ténu, se balancent, fragiles.

Léger coup de vent…

La disparition de mon père est au centre de ce travail. Seule partie travaillée directement sur le verre avec le pigment, le fil et des morceaux d’un livre écrit en hébreu. Mon père, amoureux des livres mais qui ne possédait pas la langue hébraïque.

Même les absents ont leur place. Ne pas les voir ne signifie pas qu’ils n’y sont pas.

Représenter la descendance du père. Dans ce contexte, ma mère et son père disparu font irruption et s’imposent dans la réminiscence.

 

Patrice Masson

Vidéo Au Fil de Soi

Explorer la figure et le modèle, faire de l'image l'enjeu d'une forme en élaboration au moment même de sa mise en abîme, oser l'improvisation dans une construction optique, jouer de la superposition, de l'obscurité, de la lumière ou de la rémanence, travailler avec la terre, la toile, la peau, intégrer les mots à la forme, souligner l'anachronisme de la mémoire et du temps de la réalisation...

Au Fil de Soi livre ici les images nées d'une rencontre : celle des explorations du vidéaste Patrice Masson et du texte de Marie-Blanche Bertincourt.

 

Marie-Blanche Bertincourt

Portraits intimes

Acrylique, huile, craie, collage, empreintes, font relief sur la surface, se superposent, affichent le processus de leur fabrication par le traitement de leur matérialité. Les tableaux jouent aux palimpsestes, l'accumulation de strates répétées fabrique une mémoire de la matière. Les corps, icônes égarées, disent l'intime, non pas au travers de l'apparente nudité mais par le biais des fêlures, des hésitations, des confessions qui se logent au sein des tableaux. Les poses figées arrêtent l'instant, offrent une fragilité secrète et, bien au-delà de l'apparence, donnent sans doute à voir l'être en soi.

 

Nadège Gaubour

Les ombres incertaines des fils dansent au rythme de notre souffle révélant peu à peu la véritable face des portraits.

Ainsi en va-t-il de notre entourage...

 

 

 

 


Rédigé le 6 juin 2017

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